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Soins & santé

Dermite du cheval : signes, prévention au pré et soins

28 Sep 2026

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L’essentiel

La dermite estivale est une allergie à la salive de petits moucherons, les culicoïdes, actifs d’avril à octobre au-dessus de 12 °C. Elle provoque des démangeaisons intenses à la crinière, à la queue et sous le ventre, apparaît souvent dès 2 ans et ne se guérit pas. On gère donc la dermite cheval par cheval, en coupant le contact avec les insectes : rentrée en fin de journée, couverture intégrale, pré sec et venté, soins de la peau.

Un cheval qui se frotte la crinière jusqu’au sang en juillet et retrouve un poil parfait en janvier a presque toujours la même maladie. Elle porte plusieurs noms à l’écurie : la gratte, les ardeurs, la gale d’été. Aucun n’est exact. Il s’agit d’une allergie, qu’il vaut bien mieux prévenir que soigner.

Qu’est-ce que la dermite estivale ?

Les vétérinaires parlent de dermatite estivale récidivante des équidés, ou DERE. C’est une réaction d’hypersensibilité à la salive d’insectes piqueurs, en premier lieu les culicoïdes, des moucherons de 1 à 3 millimètres qui passent à travers la plupart des moustiquaires. Les simulies, les taons et certaines mouches peuvent aussi intervenir.

La maladie n’est pas contagieuse. Elle suppose une prédisposition génétique : dans un même pré, un ou plusieurs chevaux se grattent, jamais tous. Certaines races sont plus touchées, comme l’Islandais, le Frison, le Pur-sang arabe, le Connemara, le Welsh, le Shetland ou le trait breton.

Les culicoïdes vivent environ trois semaines et pullulent quand la température dépasse 12 °C. Ils volent mal : au-delà de 800 mètres d’altitude et dans les zones ventées, comme le bord de mer, la maladie se fait plus rare. Leurs larves se développent dans les sols humides riches en matière organique, bords de mare, zones piétinées, tas de fumier.

Reconnaître les symptômes, de la crinière au ventre

Tout commence par un prurit, une démangeaison que le cheval soulage contre un arbre, un piquet ou le mur du box. Les zones touchées sont constantes :

  • la crinière et le haut de l’encolure, où les crins cassent et s’ébouriffent ;
  • la base de la queue, qui prend un aspect de « queue de rat » ;
  • la tête et les oreilles ;
  • la ligne du ventre, piquée par d’autres espèces de culicoïdes.

Sans prévention, les lésions s’aggravent au fil de l’été. Des zones glabres apparaissent, puis des nodules qui suintent et saignent, s’infectent et se couvrent de croûtes. L’hiver apporte une rémission. D’une année sur l’autre, la peau s’épaissit, forme des plis et le poil ne repousse plus.

Dans les cas sévères, le cheval s’agite, mange moins et maigrit. Il devient difficile à manipuler, ce qui complique les soins courants comme le parage ou la préparation d’une jument avant la saillie.

Croupe et base de la queue d'un poney atteint de dermite estivale, avec dépilations et plaies de grattage
Dépilations, crins cassés et plaies de frottement à la base de la queue : le tableau d’une dermite installée. Photo : Tsaag Valren, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Jeunes chevaux : la saison qui compte

La dermite ne se déclare presque jamais chez le poulain de l’année. Il faut plusieurs saisons de piqûres pour que l’organisme se sensibilise. Les premiers signes apparaissent le plus souvent à partir de 2 ans, parfois plus tard, à l’occasion d’un changement de région ou de pâture.

Pour un éleveur, c’est donc sur les yearlings et les chevaux de 2 et 3 ans au pré que l’observation paie. Une routine simple suffit : d’avril à octobre, un contrôle hebdomadaire de la crinière, de la base de la queue et du ventre, et un œil sur les poteaux de clôture, où le crin arraché trahit le premier frottement. Un jeune repéré dès sa première saison garde une peau saine s’il est protégé tout de suite. Un jeune découvert en août, la crinière à vif, entre dans le cercle des lésions chroniques.

La composante héréditaire pèse aussi sur les choix de reproduction. Une jument dermiteuse transmet une prédisposition, pas la maladie ; ses produits méritent une surveillance renforcée dès leur deuxième été. Au moment de choisir un étalon, demander si lui ou sa descendance présentent des signes de dermite fait partie des bonnes questions. Et pendant la gestation de la jument, une mère atteinte que l’on protège bien reste une mère calme, qui ne se blesse pas en se frottant.

Dermite, poux, gale ou aoûtats ?

D’autres affections font gratter un cheval. La saison et la localisation suffisent souvent à orienter, avant l’avis du vétérinaire.

Affection Saison Zones touchées Contagieuse Indice qui oriente
Dermite estivale Avril à octobre Crinière, queue, tête, ventre Non Un ou plusieurs chevaux du pré, jamais tous ; rémission l’hiver
Poux (pédiculose) Hiver, fin d’hiver Encolure, dos, crinière Oui Poil terne et épais, lentes visibles à la loupe
Gale Toute l’année Crins, corps ou membres selon l’acarien Oui Plusieurs chevaux atteints, matériel de pansage partagé
Aoûtats (trombidiose) Fin d’été Membres, tête Non Petits points orangés sur les paturons et le bout du nez
Teigne Automne et hiver surtout Plaques rondes, souvent sous la selle et la sangle Oui, aussi pour l’humain Dépilations en cercles nets
Les principales causes de démangeaisons chez le cheval, comparées par saison, localisation et contagiosité.

En cas de doute, le vétérinaire peut compléter par un raclage cutané, une biopsie ou des tests allergiques. Ces derniers restent délicats à interpréter : des chevaux sains réagissent parfois autant que des chevaux atteints.

Gérer le pré pour couper le contact

Aucun vaccin ni traitement préventif médical n’existe. Toute la prévention consiste à éviter les piqûres, et elle se joue d’abord au pré.

  • Les horaires. Les culicoïdes sont les plus actifs de la fin d’après-midi à la fin de soirée, environ de 17 à 23 heures, et de nouveau à l’aube. Un cheval sensible rentre au box avant 17 heures et ressort une fois la matinée avancée.
  • La parcelle. Réservez-lui la pâture la plus sèche et la plus ventée, loin des mares, des ruisseaux et des zones piétinées. La fumière doit être éloignée du pré.
  • La couverture. Un modèle intégral anti-dermite, avec capuchon, protège-queue et bavette ventrale, se pose dès les premières chaleurs, avant les premiers signes.
  • L’abri. Un abri ouvert et ombragé, avec un ventilateur si l’électricité le permet : le courant d’air gêne le vol des moucherons.
  • Les supports de frottement. Moins il y en a, moins les lésions s’aggravent en cas de crise.

Au box, une litière propre et sèche limite les gîtes de larves ; notre comparatif paille ou copeaux aide à choisir. Côté ration, un excès de protéines favorise les affections de peau en général.

Calendrier de gestion de la dermite estivale du cheval au fil de l'année, de mars à l'hiver
La saison de la dermite, mois par mois : ce qu’il faut faire avant, pendant et après.

Soigner une crise sans l’entretenir

La dermite ne se guérit pas, mais on peut soulager une crise. Les soins locaux viennent en premier : shampoing doux et apaisant, lotions calmantes, antiseptique sur les plaies. Les produits insectifuges et insecticides à base huileuse isolent la peau ; la sueur les dilue vite, il faut donc renouveler l’application.

Prudence avec les produits destinés à d’autres espèces, bovins en particulier : ils peuvent provoquer des allergies, de l’urticaire ou une photosensibilisation.

Pour une crise forte, le vétérinaire peut prescrire des corticoïdes. Ils soulagent vite mais s’utilisent à la dose minimale et sur une courte durée, car ils exposent à la fourbure et affaiblissent les défenses. L’hyposensibilisation, par injections répétées de l’allergène, a donné des résultats divergents selon les études.

La vraie réussite se mesure en fin d’été : un cheval qui garde sa crinière entière a été bien protégé. Pour le budget d’une couverture de rechange et des produits de saison, notre point sur le coût annuel d’un cheval aide à anticiper, et les repères généraux pour prendre soin de sa santé complètent la routine.

La dermite du cheval se soigne-t-elle ?

Elle ne se guérit pas : un cheval sensible le reste toute sa vie. En revanche, les crises se calment avec des soins locaux et, si besoin, un traitement prescrit par le vétérinaire. Une prévention rigoureuse dès le printemps permet de passer l’été sans lésion.

La dermite estivale est-elle contagieuse ?

Non. Elle repose sur une allergie individuelle, en partie héréditaire. Un cheval dermiteux ne transmet rien à ses voisins de pré. Si plusieurs chevaux se grattent en même temps en hiver, pensez plutôt aux poux ou à la gale.

À quelle heure rentrer un cheval dermiteux ?

Avant 17 heures, et le laisser au box jusqu’au milieu de la matinée suivante. Les culicoïdes piquent surtout de la fin d’après-midi à la fin de soirée, puis à l’aube. Par temps venté ou frais, sous 12 °C, le risque baisse nettement.

Quelle couverture choisir contre la dermite ?

Un modèle intégral en maille fine, avec capuchon couvrant la crinière, protège-queue et bavette qui ferme le ventre. Elle se pose dès les premières chaleurs, avant tout signe, et se contrôle chaque jour pour éviter frottements et échauffements.

Peut-on mettre à la reproduction une jument dermiteuse ?

Oui, la maladie n’empêche pas la reproduction. La jument transmet cependant une prédisposition : ses poulains seront à surveiller dès leur deuxième été. Beaucoup d’éleveurs évitent d’associer deux reproducteurs atteints.

L’huile de cade est-elle efficace contre la dermite ?

C’est un remède traditionnel, apprécié pour son effet répulsif et apaisant. Son efficacité seule n’est pas démontrée par des études solides. Testez-la sur une petite zone et ne l’utilisez pas à la place des mesures de protection.

Dès mars, repérez la parcelle la plus sèche et la plus ventée pour vos chevaux sensibles et sortez les couvertures. Programmez un contrôle hebdomadaire de la crinière et de la queue sur tous vos jeunes au pré. Et au premier crin arraché sur un poteau, rentrez le cheval avant 17 heures sans attendre la plaie.

Source

Institut français du cheval et de l’équitation, dermatite estivale récidivante des équidés, Equipedia, consulté le 28 septembre 2026.

Margot Lavigne Monitrice d’équitation diplômée BPJEPS

Monitrice d’équitation diplômée BPJEPS, je partage 8 ans d’expérience en centre équestre et ferme pédagogique en Charente pour aider cavaliers et propriétaires à faire les bons choix, sur le terrain comme à l’écurie.

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