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Soins & santé

Seime du cheval : causes, soins et pousse de la corne

07 Oct 2026

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L’essentiel

Une seime est une fissure verticale de la paroi du sabot, dans le sens de la pousse de la corne. Beaucoup ne font pas boiter, mais une fissure profonde, chaude ou qui suinte demande le maréchal-ferrant et le vétérinaire sans attendre. La corne ne se recolle pas : elle repousse, à raison d’environ 6 à 10 mm par mois, donc le suivi se compte en mois.

Une raie sombre qui descend de la couronne vers le sol, repérée en curant les pieds : c’est souvent ainsi que l’on découvre une seime. Le réflexe utile tient en deux temps. D’abord regarder si le cheval marche franc et si le pied est chaud. Ensuite photographier la fissure et prévenir le maréchal-ferrant. Une seime superficielle et indolore se gère par le parage ; une seime profonde, qui saigne ou qui suinte, relève du vétérinaire.

Qu’est-ce qu’une seime chez le cheval ?

La seime est une fente longitudinale de la corne du sabot, orientée dans le sens des fibres, c’est-à-dire de la couronne vers le bord inférieur. Elle peut partir du haut, près de la bande coronaire, ou du bord porteur, au contact du sol. Elle peut aussi être courte ou occuper toute la hauteur de la paroi, superficielle ou profonde.

Pour comprendre pourquoi elle inquiète parfois, il faut se rappeler que la paroi du sabot est la partie visible d’une structure plus large, avec des tissus vivants juste derrière la corne. Tant que la fissure reste dans la corne seule, le cheval ne sent rien. Quand elle devient assez profonde pour que les chairs soient pincées entre les deux bords à chaque appui, la boiterie apparaît. Pour une vue d’ensemble de l’anatomie du pied, notre dossier sur le sabot du cheval, son anatomie et son entretien pose les bases.

Seime sur le sabot d'un cheval ferré : fissure verticale partant de la couronne
Une seime vue de profil : la fissure part de la couronne et descend dans le sens de la pousse de la corne. Photo : Uccio D’Agostino, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Pince, quartier, talon : les types de seimes

On nomme la seime d’après sa place sur le sabot. Les quartiers et les talons, qui travaillent beaucoup à chaque foulée, sont généralement les emplacements les plus préoccupants, parce que la fissure y bouge à l’appui et peut atteindre les tissus sensibles. On parle aussi de seime de la mamelle pour la zone intermédiaire entre la pince et le quartier.

Type Où ? Ce qu’il faut surveiller
Seime en pince Avant du sabot Aplomb, longueur de la pince, parage
Seime de mamelle Entre pince et quartier Évolution en longueur, profondeur
Seime de quartier Côté du sabot Boiterie, mobilité des bords à l’appui
Seime de talon Arrière du sabot Boiterie, chaleur, suintement
Les quatre localisations courantes d’une fissure de la paroi du sabot.
Trois cartes : seime en pince, de quartier et de talon, avec ce que chacune implique
La localisation guide la vigilance : plus la fissure est proche du talon, plus l’avis doit venir vite.

La hauteur (partielle ou totale) et la profondeur comptent autant que la place : une fissure haute et profonde de quartier n’a rien à voir avec une petite fente de pince.

Les causes d’une fissure de la paroi

Il est rare qu’une seime n’ait qu’une seule cause. Les sources spécialisées citent plutôt un faisceau de facteurs, qu’il faut démêler avec le maréchal pour que le soin ait un sens :

  • un déséquilibre du pied, lié à un parage ou une ferrure inadaptés ou trop espacés ;
  • une corne de mauvaise qualité, trop dure ou trop molle, parfois liée à des carences (biotine, zinc, acides aminés soufrés) ;
  • des alternances de pré détrempé et de sol sec, qui font gonfler puis rétracter la corne ;
  • un traumatisme, par exemple une blessure de la bande coronaire, ou les séquelles d’une fourbure ancienne ;
  • une ferrure mal posée, avec des clous placés trop haut ;
  • un défaut de conformation du squelette, qui charge un côté du pied plus que l’autre.

Le sol et la météo jouent un rôle sous-estimé en élevage. Après un automne pluvieux, la corne gorgée d’eau se fragilise : le chapitre sur la préparation des pieds à la saison humide détaille ce que l’on peut ajuster au pré et à l’écurie. Quant à la fourbure, qui laisse des traces durables sur la corne, elle fait l’objet d’une page à part : fourbure du cheval, symptômes, causes et traitement.

Reconnaître une seime et mesurer sa gravité

La plupart des seimes ne provoquent aucune boiterie. C’est justement ce qui les rend faciles à ignorer, et c’est pourquoi le curage quotidien des pieds est le meilleur outil de dépistage. Une fissure franchement visible, mais sans douleur, relève d’un suivi. Les signes d’une atteinte plus avancée sont les suivants :

  • une sensibilité à l’appui, voire une boiterie franche ;
  • un pouls plus marqué au niveau du paturon, signe que le pied est chaud ;
  • une réaction de douleur quand le maréchal ou le vétérinaire presse la zone avec la pince à sabot ;
  • un écoulement de pus, qui indique une infection.

Le diagnostic est celui du professionnel : il apprécie la profondeur, regarde si la fissure saigne ou s’infecte, et décide du parage et de la ferrure. Pour savoir qui appeler selon le cas, la page sur le rôle du vétérinaire équin et celle sur le métier de maréchal-ferrant aident à répartir les rôles.

Seime, bleime, abcès : ne pas confondre

Trois mots reviennent dans les conversations d’écurie et désignent des atteintes différentes du pied. Les confondre fait perdre du temps, car la conduite à tenir n’est pas la même.

Atteinte Ce que c’est Où ? Boiterie
Seime Fissure verticale de la corne Paroi du sabot Variable, souvent absente
Bleime Hématome, contusion Sole Possible
Abcès du pied Accumulation de pus Sous la corne Aiguë
Une seime peut s’infecter et se compliquer d’un abcès : les deux ne s’excluent pas.

Comment soigner une seime ?

Le soin suit une logique d’escalier, de plus en plus lourde selon la gravité. Ce qui est commun à tous les cas : supprimer d’abord la cause, sinon la fissure reviendra. Voici l’ordre habituel des gestes du professionnel :

  1. Supprimer les facteurs en cause : équilibre du pied, ferrure, état de la corne.
  2. Pour une seime superficielle et indolore, râper jusqu’à faire disparaître la fissure, ou créer des rainures d’arrêt qui empêchent son extension.
  3. Raccourcir la paroi sous la seime pour qu’elle ne porte plus.
  4. Poser, si nécessaire, un fer orthopédique (fer à barre, par exemple) qui répartit la charge.
  5. Stabiliser les bords avec des agrafes ou des clips métalliques.
  6. S’il y a infection : débrider et désinfecter, ce qui est un acte vétérinaire.
  7. Renforcer la zone avec une résine spéciale.

Les compléments pour la corne (biotine, zinc et cuivre, méthionine) s’utilisent sur le long terme pour améliorer la qualité de la corne qui repousse. Ils ne referment pas une fissure existante. Le premier réflexe n’est donc pas le pot de complément, mais la ration : revoyez l’équilibre global avec la ration alimentaire du cheval avant d’acheter quoi que ce soit.

Ce qu’il faut éviter : les résines ou colles posées sans avis sur une fissure qui suinte (elles enferment l’infection), les curetages maison, et la reprise du travail avant l’accord du maréchal.

Combien de mois pour une seime ?

La réponse tient à la vitesse de la corne. Selon les sources, la corne pousse de la couronne vers le sol à raison de 6 à 10 mm par mois, parfois donnée comme environ 1 cm par mois en moyenne. Une fissure née près de la couronne ne disparaît donc que lorsque la corne saine, apparue au-dessus, a tout remplacé jusqu’au bord inférieur du sabot.

Durée Corne repoussée à 6 mm/mois Corne repoussée à 10 mm/mois
3 mois 1,8 cm 3 cm
6 mois 3,6 cm 6 cm
9 mois 5,4 cm 9 cm
12 mois 7,2 cm 12 cm
Longueur de corne neuve produite en fonction du temps, d’après la vitesse de pousse de 6 à 10 mm par mois (calcul simple, valeurs indicatives).

Concrètement, une seime haute de 6 cm, partie de la couronne, demande entre 6 et 10 mois pour sortir, et davantage si elle est plus longue ou si la pousse ralentit. Voilà pourquoi les professionnels parlent de gestion plutôt que de guérison rapide : le but est de stabiliser la fissure, de garder le cheval confortable et de laisser la corne saine descendre.

Frise de suivi d'une seime : photo à J0, marquage à une semaine, comparaison à deux semaines, mesure à un mois, contrôle à trois mois
Un rythme de suivi simple pour une seime stable : cinq rendez-vous en trois mois, avec photo à chaque fois.

Tenir un carnet de suivi

Un carnet de suivi est l’outil que presque aucun article ne propose, et c’est le plus utile à montrer au professionnel. Le principe : toujours photographier le même pied, de face puis de profil, avec une règle posée à côté, à la même heure et sous la même lumière.

  • Jour 1 : deux photos et une note sur la longueur approximative de la fissure.
  • Après une semaine : un trait de feutre en haut et en bas de la fissure pour repérer toute extension.
  • Après deux semaines : comparer les photos, noter si la fissure s’allonge ou reste stable.
  • Après un mois : mesurer la longueur, noter la boiterie ou son absence, la chaleur du pied.
  • Après trois mois : faire le point avec le maréchal-ferrant sur le parage.

Ce carnet évite deux erreurs fréquentes : s’inquiéter d’une fissure qui est stable depuis des semaines, et laisser filer une fissure qui, discrètement, gagne un centimètre.

Prévenir les seimes à l’écurie et au pré

On ne supprime pas tous les risques, mais l’on réduit nettement la fragilité du pied en agissant sur quelques points précis.

  • Un parage ou une ferrure à intervalles réguliers, fixés avec le maréchal selon la pousse du cheval, pour garder l’équilibre du pied.
  • Une surface de travail adaptée, ni trop dure ni détrempée.
  • Une ration équilibrée, avec un éventuel complément pour la corne si le professionnel le juge utile, sur le long terme.
  • Un curage quotidien des pieds, pour voir une fissure avant qu’elle ne progresse.
  • Un soin du terrain : éviter les zones boueuses qui alternent avec des périodes sèches. Sur les peaux et les paturons, la boue pose aussi d’autres soucis, comme dans la dermite du cheval au pré.

Questions fréquentes

Une seime fait-elle toujours boiter le cheval ?

Non. La plupart des seimes ne provoquent pas de boiterie. Le cheval boite quand la fissure est assez profonde pour pincer les tissus sensibles, ou quand elle s’infecte.

Une seime peut-elle se refermer toute seule ?

La fissure ne se recolle pas. Elle disparaît quand la corne saine repousse et remplace la zone abîmée, ce qui demande plusieurs mois. Le parage et la ferrure servent à stabiliser la fissure pendant ce temps.

Quand faut-il appeler le vétérinaire plutôt que le maréchal ?

Dès qu’il y a boiterie franche, pied chaud, pouls marqué, saignement ou écoulement de pus. Pour une fissure superficielle et sans douleur, le maréchal-ferrant suffit pour commencer.

Les compléments à base de biotine guérissent-ils une seime ?

Non. Biotine, zinc, cuivre et méthionine améliorent la qualité de la corne neuve, à condition de les donner longtemps. Ils ne referment pas une fissure déjà présente.

Quelle est la différence entre une seime et une bleime ?

La seime est une fissure de la paroi, la bleime un hématome de la sole. Les deux se trouvent au pied, mais ne se soignent pas de la même façon.

Peut-on monter un cheval qui a une seime ?

Cela dépend de la profondeur et de la douleur. Sur une fissure superficielle et stable, le maréchal peut donner son accord. Sur une seime qui boite, qui suinte ou qui bouge, le travail attend l’avis du vétérinaire.

Ce soir, en curant les quatre pieds de votre cheval, prenez une photo de chaque paroi, même sans fissure : vous aurez un état de référence daté à montrer au maréchal lors de son prochain passage, et vous saurez en quelques secondes si quelque chose a bougé.

Source

Office québécois de la langue française, fiche « seime », Grand dictionnaire terminologique, consulté le 7 octobre 2026.

Margot Lavigne Monitrice d’équitation diplômée BPJEPS

Monitrice d’équitation diplômée BPJEPS, je partage 8 ans d’expérience en centre équestre et ferme pédagogique en Charente pour aider cavaliers et propriétaires à faire les bons choix, sur le terrain comme à l’écurie.

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